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# le 1er portail gay
et lesbien de Normandie - |
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REPORTAGES
Sur la vie gay en
Normandie
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Homophobie à
l’Académie de Rouen par Fred avec la
participation d’un enseignant
septembre 2007 |
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Pour cette rentrée 2007, je
constate que les vieux démons de la collaboration et de la dénonciation bien
française font leur réapparition. Ecoeurant ! Comme me l’a précisé un enseignant : « A la rentrée les profs ont
intérêt à museler leurs fantasmes sur le net et taire leur homosexualité à
l’administration à l’homophobie inavouée. » En bref, un enseignant a été
viré de son lycée du fait de son homosexualité. Situation agravante, ce prof
a été dénoncé (si on peut nommer cela une dénonciation, en quoi être gay est un délit) par ses collègues et
ses élèves. |
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Récit d’un enseignant - Académie de Rouen Au lycée Le Corbusier (Saint
Etienne du Rouvray en Seine-Maritime – Agglo de Rouen), cette prérentrée est
particulière. L’absence d’un collègue est dans toutes les têtes et peu de
monde ose en parler entre les traditionnels bavardages sur les vacances déjà
si lointaines, sur celles à venir, les prochaines difficultés à se retrouver
devant les classes devenues parfois si difficile à gérer… Chacun attend avec impatience de connaître son futur
emploi du temps dont la distribution se fera traditionnellement à la fin de
la réunion plénière. Certains toussent, s’agitent, discutent entre eux comme
le feront leurs propres élèves dans leur classe. L’attention est par contre
exemplaire lorsque monsieur Monflier Thierry, proviseur, aborde un sujet qui
glace l’atmosphère et plombe l’ambiance des retrouvailles : il rappelle
à l’ensemble des personnels que monsieur X, professeur de français, nous a
quitté de son plein gré et que toute rumeur ou réaction à cet évènement
seront sévèrement réprimandées par l’administration et qu’il n’hésitera pas à
faire remonter les noms des personnes concernées aux plus hauts responsables
hiérarchiques… Madame Y, enseignante en lettre anglais, doit être
particulièrement mal à l’aise, celle pour qui la mutation d’office de
monsieur X était nécessaire au maintien de la morale dans cet établissement.
Après un silence pesant, la réunion suit son cour et chacun récupère enfin à
l’appel de son nom son emploi du temps si attendu. Repas froid et apéritif
attendent les profs. Certains osent quelques commentaires à voix basses au
sujet de l’affaire qui fâche et divise : monsieur X a tout de même
affiché depuis toujours son homosexualité, quitte à supporter les quolibets
et les insultes répétées d’élèves et de quelques uns de ses collègues plus sournois
sans doute, il a même osé comme des millions d’autres internautes pratiquer
la drague sur les si nombreux sites spécialisés sur le net depuis la mort du
minitel rose…ces sites pour adultes sont réservés aux personnes qui doivent
s’y créer un compte avant de pouvoir dialoguer en direct avec les connectés
du moment ou consulter les profils des utilisateurs habituels. Sur un profil, il apparaît en général l’âge, le lieu
d’habitation, l’orientation sexuelle, les attentes diverses, la description
physique et souvent une ou plusieurs photos (pics dans le jargon Internet) de
l’utilisateur du site. Celui-ci pouvant y dévoilé tout ou partie de son
corps. |
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Toute personne majeure s’y connectant sait ce qu’elle va y
trouver selon sa propre orientation ou pratiques sexuelles et acceptent les
conditions d’utilisation avant d’y accéder. Les différents dispositifs de contrôle parental ne
permettent pas, si ils sont réellement activés par les adultes, l’accès à ce
type de site par les mineurs qui ne découvriront pas que leurs enseignants
sont sexués, peuvent être homosexuels, bisexuels, hétérosexuels (il en
reste…) ou même transsexuels ou transgenres (oh là là…çà devient trop
compliqué)… Monsieur X a été muté d’office à la suite de la délation
par lettre manuscrite d’une de ses collègues qui a appris par deux élèves en
fin d’année qu’il avait un profil sur un site gay de rencontre et qu’il avait
mis en ligne plusieurs photos dévoilant son identité : visage, nu de dos
et enfin sexes d’homme(s)… Il a été en effet convoqué au rectorat de Rouen à la suite
de l’intervention du proviseur où on lui a proposé cette mutation en échange
d’une non poursuite disciplinaire qui le menaçait d’une suspension ou d’une
démission des ses fonctions d’enseignant. Aurait-il été inquiété si il était hétérosexuel et qu’il
aurait utilisé le fameux site Meetic dont les publicités s’étalent à
la vue de tous sur les abris bus ? N’est-ce pas une attaque homophobe de
l’administration rétrograde et rétive à l’évolution de notre société qui
pourtant condamne par la loi la discrimination sexuelle ou raciale sur le
lieu de travail ? Monsieur X a donc fait sa prérentrée dans un nouvel
établissement dans l’indifférence totale, sans doute la peur et le déshonneur
au ventre.
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Comment
une institution de la République peut-elle se comporter de la sorte si ce
n’est la résultante d’un comportement foncièrement homophobe ?! La première
des réactions de l’enseignant dénonciateur aurait été d’apprendre la
tolérance à ses élèves… L’échec
est cuissant pour l’académie de Rouen, l’école de la République a crée un
nouveau délit : être homosexuel. « A la rentrée les profs ont
intérêt à museler leurs fantasmes sur le net et taire leur homosexualité à
l’administration à l’homophobie inavouée. » |
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+ DOCUMENT |
Témoignage… |
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Voici la lettre de dénonciation. Ce document a été distribuée au personnel de l’établissement pour
permettre la circulation rapide de l'information. « professeur non respectable… , les
enfants inquiets ainsi que les familles… »
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+ DEVELOPPEMENT |
Pour aller plus loin… |
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L’HOMOPHOBIE EN
MILIEU SCOLAIRE L’éducation
nationale mise en cause SOS homophobie, à l'heure de la rentrée, dévoile
des chiffres inquiétants de l'homophobie en milieu scolaire. L'association,
qui vient de publier son rapport annuel 2007, accuse l'Education Nationale
dans un communiqué sans appel, dont voici l'intégralité :
SOS
homophobie a réalisé une étude à partir d'une enquête réalisée à l'échelle
nationale (principalement par le biais de son site web) en 2005-2006. Les
résultats portent sur 712 réponses au questionnaire. Les chiffres sont
édifiants. Oui, l'homophobie à l'école est une réalité. Non, l'Education Nationale ne fait
pas ce qu'il faut pour la combattre.C'est
pourquoi SOS homophobie interpelle à nouveau les autorités publiques pour la
mise en place, conformément aux engagements du Président de la République,
d'une véritable politique de lutte contre l'homophobie. Qui a
répondu ? Les participants représentent 67 %, les participantes 31 %.
Leur moyenne d'âge est de 27 ans et 48% ont entre 15 et 25 ans. 58% des
personnes interrogées déclarent avoir été victimes ou témoins d'actes
homophobes. (Répartition par sexe : 59 % des participants à l'enquête,
55 % des participantes) Où cela
se passe-t-il ? Le lycée (40 % des cas) et le collège (38 %) sont les
lieux privilégiés de ces actes homophobes. Quelles
sont les formes de l'homophobie ? Moqueries (29 % des cas) et insultes
(26 %) en sont les manifestations principales. Un chiffre est préoccupant :
dans 5 % des cas il y a coups et blessures. Ces faits sont souvent renouvelés
ou permanents (46 %). Autre information inquiétante : 21 % des personnes
interrogées déclarent avoir été victimes ou témoins d'homophobie de la part
de l'institution (encadrement, administration). Quelles
en sont les conséquences ? Elles sont alarmantes (plusieurs réponses
possibles par questionnaire) : Baisse
des notes : 16 %, mal-être, déprime : 35 %, conduites à risques 9
%, tentatives de suicide 5 %. Quelle
est la réaction de l'institution ? Ces
faits restent souvent ignorés des adultes. En effet 44 % des
victimes n'ont jamais osé en parler. Quand la situation est connue, seulement 5 % d'entre-elles ont reçu un soutien de la
part de l'encadrement (et 20 % d'entre-elles ont été
soutenues par des amis) Quel est
le jugement des victimes ? Il est sans appel : 89 % pensent que l'homophobie est passée sous silence
dans les manuels scolaires et 79 % par les enseignant-e-s. 88 % sont d'avis
que l'Éducation Nationale ne fait pas ce qu'il faut et 90 % d'entre-elles
pensent que les personnels devraient être formés à la lutte contre
l'homophobie. L'intégralité
de cette étude est disponible sur notre site web. Face à
ces chiffres SOS homophobie renouvelle ses appels. L'institution
doit faire des gestes forts, les personnels doivent être formés (IUFM,
formation continue), les élèves doivent être sensibilisés, les programmes et
les manuels ne doivent plus passer sous silence les questions liées à
l'orientation sexuelle et à l'identité de genre. Ce sont
en effet l'ignorance et les clichés qui constituent le terrain de
l'homophobie, de la lesbophobie et de la transphobie ordinaires. Les
associations peuvent obtenir un agrément auprès des rectorats pour effectuer
des actions de sensibilisation en milieu scolaire. Des
associations sérieuses qui demandent cet agrément voient trop souvent leur
demande refusée, ou plutôt non réellement examinée, sous les prétextes les
plus fallacieux : les dossiers ne sont pas parvenus, ou bien il manque
une pièce ou, pire encore, sous prétexte que l'association aurait en fait
pour but de "faire des rencontres", ou bien que l'"action de
l'association, telle qu'elle est présentée, doit s'adresser en priorité aux
adultes membres de la communauté éducative" ou encore que
"l'orientation sexuelle, comme l'appartenance politique ou
confessionnelle, relève d'un choix personnel et privé" (selon les termes
employés dans des notifications de refus d'agrément). Certes,
il faut former les personnels de l'Éducation Nationale. SOS homophobie est
prête à relever le défi. Mais l'enquête démontre que rien ou presque n'a été
fait au niveau des IUFM et des plans académiques de formation (formation
continue des personnels). Et quel
usage font les autorités rectorales des trois circulaires ministérielles qui
ont mis la lutte contre l'homophobie dans les établissements scolaires à
l'ordre du jour et recommandent l'intervention d'associations partenaires si
possible agréées ? Ces circulaires n'auraient-elles d'autres fonctions
qu'un effet d'affichage ? Nicolas
Sarkozy a pourtant déclaré dans le magazine Têtu d'avril 2007 : "tout
ce qui peut être fait à l'école pour expliquer que la différence est une
richesse et pas un risque, je le favoriserai". Pendant la campagne électorale,
il avait aussi indiqué : "Il me parait également important de
sensibiliser l'ensemble des adolescents sur la question des différences et de
l'homophobie au cours de leur scolarité". Pour
faire le point sur la situation internationale et le retard de la France en
la matière, des associations réalisant des interventions en milieu scolaire
et des syndicats ont organisé un colloque du 16 mai (interventions audio
disponibles sur notre site). Suite à celui-ci, un collectif d'associations a
pris la décision de solliciter un rendez-vous avec le Ministre de l'Éducation
Nationale pour faire le point à ce sujet. Bien
qu'ayant reçu l'agrément d'une Académie, SOS homophobie, victime comme les
autres associations de tracasseries et de refus pour une autre demande, va
intenter un recours devant le Tribunal
Administratif et se joindre à la saisine de la Haute Autorité de Lutte contre
les Discriminations et pour l'Égalité (HALDE), faite par
l'association Couleurs Gaies sur le refus d'agrément qu'elle a reçu de l'Académie
de Metz. |
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Site internet de SOS HOMOPHOBIE SOS homophobie assure un service d'écoute téléphonique
nationale pour les personnes victimes ou témoins, d'actes ou de
discriminations homophobes. Ce service est anonyme. Appelez la ligne d'écoute anonyme de SOS homophie au
ou au 01.48.06.42.41 voir aussi les rubriques des villes de gaynormandie.com pour
voir les associations sur la région. Elles peuvent aussi vous aider. |
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© Gaynormandie.com crée par Fred –
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