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# le 1er portail gay
et lesbien de Normandie - |
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REPORTAGES
/ INTERVIEW
Sur la vie gay en
Normandie
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SNEG : partenaire de la vie gay Par Fred (webmaster)
15 septembre 2005 |
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(campagne
d’affichages du SNEG)
(campagnes
de prévention)
(affiches
présentes dans les
établissements gays)
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Entretien avec Alex, 33 ans, délégué régional au SNEG sur
les régions Normandie / Nord
Gaynormandie
(Fred) : « Tu es délégué des régions Normandie / Nord pour le
SNEG, c’est quoi le SNEG ? » Alex : Le SNEG est le
Syndicat National des Entreprises Gays. Il a deux missions : une mission
de prévention contre le VIH et les IST et une mission syndicale. Pour cette
dernière mission, il s’agit d’un soutien juridique aux adhérents du SNEG.
L’idée de création du SNEG apparaît en 1989. Avant cette année, il faut
savoir que la distribution de préservatif ainsi que la documentation de
prévention était interdite en France dans les établissements gays. De
nombreux établissements parisiens ont subi des fermetures administrative car
ils distribuaient des préservatifs contre l’épidémie du SIDA. A la suite de
ça, les établissements gays de Paris se sont regroupés et ont demandé à
rencontrer le Préfet de Police de Paris, le Ministère de la Santé afin d’être
autorisé à distribuer des préservatifs. A la suite de réunions assez
houleuses avec les autorités, les établissements se sont constitués en
associations afin de maintenir la pression sur les politiques pour obtenir
cette autorisation. Ainsi, le SNEG est né en juin 1990. A la suite de ces
événéments une circulaire est parue en 1992 autorisant les établissements à
distribuer des préservatifs et de la documentation de prévention. La structure
syndicale a été choisie afin d’y ajouter une défense juridique en faveur des
établissements gays. Fred :
« les organisations professionnelles classiques ne pouvaient pas
convenir ? » Alex : Non, car les
entreprises gays ont une certaines spécificité comme par exemple, les
dénonciations de nuissances sonores déguisées en homophobie… etc. Nous avons
des avocats spécialement formés sur la question gay. Fred : « tu
as été élu comment ? » Alex : Je n’ai pas été élu,
je suis salarié du SNEG. Avant, je travaillais dans une boutique de vêtements
à Rouen en tant que responsable de rayon. En discutant avec un patron de bar
gay, il m’a dit que le délégué du SNEG allait arrêter (Christophe du sauna
Equatorial à Evreux), et qu’il me voyait bien travailler pour le Syndicat. Au
début, j’étais assez rétissant à l’idée de travailler dans le milieu gay. Je
sortais dans le milieu mais de là à y travailler, il y avait une limite, sans
compter la réaction vis à vis de ma famille. Puis je me suis lancé ce
challenge et c’était parti. J’ai posé ma candidature et j’ai été sélectionné.
Cela fera 3 ans en novembre que j’y travaille. Fred :
« Quelle challenge, pourquoi s’investir autant ? » Alex : J’étais étonné de
voir que peu de gens était informés sur la prévention et que les comportements
à risque augmentaient. J’estime que l’information est primordiale dans le
milieu surtout pour ceux qui découvre leur homosexualité. Les établissements gays représentent
généralement le premier contact pour des jeunes ou moins jeunes avec d’autres
gay, et connaissent donc leurs
premiers émois sexuels. La prévention est donc fondamentale. Fred : « Il
y a beaucoup d’adhérents au SNEG ? » Alex : Il y a en France
1800 entreprises gays référence et 40% sont adhérentes au SNEG. En Normandie
/ Nord, mon secteur, il y a une cinquantaine d’établissements et la moitié
sont adhérents.
Fred : « Il
existe ce que l’on appelle la Charte de Responsabilité, kesaco ? » Alex : C’est un document
qui a été crée en 95 à l’initiative du SNEG. Il donne un cadre aux
établissements de sexe (sauna, sexe-club, bar avec backroom…) afin que la
clientèle puisse accéder en toute liberté et gratuitement à la prévention
qu’elle soit une prévention documentée ou matérielle comme les préservatifs,
le gel… Elle a été réécrite en 2002 en collaboration avec Sida Info Service,
Aides et Act Up. Elle est un peu plus contraignante pour les établissements
notamment sur la propreté et l’accès au matériel de prévention au sein des
parcours sexuels. Je dispense aussi une formation médicale au personnel de
ces établissements pour qu’il puisse faire face aux interrogations de la
clientèle et les orienter le cas échéant vers un médecin. On peut être signataire de la
Charte sans pour autant être adhérent au SNEG. Néanmoins que l’on soit
adhérent ou pas, que l’on soit signataire de la Charte ou pas, j’ai pour
mission de distribuer de la documentation sur la prévention dans tous les
établissements (bars, saunas, boîte, sexe-club…). La Charte offre un cadre
plus exigeant en matière de prévention pour que les usagers de ce type
d’établissements puissent s’amuser en toute sécurité. Fred : « Cette
Charte est contrôlée auprès des établissements ? » Alex : Oui. Si un
établissement ne respecte pas la Charte, nous avons la possibilité (le
collectif associatif), après avertissement, de lui retirer la Charte. Comme
le SNEG communique sur les établissements signataires dans des revues, et
magazines communautaires, la perte de la charte peut entraîner une chute de
la fréquentation. Mais avant sanction, on essaye de discuter avec le patron,
d’étudier la situation. De plus, la Charte contient des normes d’hygiène et
comme nous travaillons avec la DDASS (Direction Départementale de l’Action
Sanitaire et Sociale), nous avons des moyens de pression.
Fred : « Le
SNEG distribue gratuitement les préservatifs ? » Alex : Non, les
établissements nous les achètent. Cependant j’en offre régulièrement lorsque
les DDASS subventionnent des opérations comme celle du 1er
décembre par exemple. Le SNEG dispose
d’une centrale d’achat pour fournir les préservatifs et les gels à prix
coûtant. Nous distribuons 5 millions de préservatifs par an ! Nous avons
crées les présentoirs spécifique à la prévention dans les établissements
comme les distributeurs de préservatifs en forme de gouttière (une nouvelle
présentation devrait bientôt arriver), mais aussi les petits bracelets où
l’on loge la capote dans les saunas par exemple. Ca c’est gratuit pour les
établissements. Quand un établissement ouvre, il a une panoplie complète
d’outils de prévention à sa disposition. Fred : « On
ne voit pas beaucoup le SNEG dans les festivités gays et lesbienne comme la
gaypride ? » Alex : C’est vrai que le
SNEG n’est pas beaucoup présent dans ce genre d’événement directement. Déjà
je suis tout seul sur mon secteur, je ne vais pas défiler avec ma banderole.
Néanmoins, à la demande d’un établissement adhèrent, je peux m’associer à lui
pour une opération de prévention comme
ce fut le cas avec un bar Rouennais cette année qui a distribué des
préservatifs lors de la marche des fiertés. Fred : « Quels
sont les rapports entre le SNEG et les autres associations ? » Alex : Dans le cadre de la
prévention, je travaille avec Sida Info Service et Aides. Je distribue leur
magazine (remaides) par exemple. Mais je travaille aussi avec des
associations locales comme Spiritek dans le Nord en distribuant leurs
plaquettes sur l’usage du préservatif et la lutte contre la toxicomanie. Fred : « Finalement,
le terme de Syndicat est-il de trop ? » Alex : On fonctionne comme
un syndicat bien que nous sommes un organisme régie par la loi des
associations 1901 conventionnée par le Ministère de la Santé. La partie
Syndicale fonctionne grâce aux adhésions et l’activité de prévention par les
subventions du ministère de la santé. La distinction est clairement
identifiée dans notre principe de fonctionnement. Fred : « Il
y a Aides, Sida Info Service, des associations de lutte contre le sida, et le
SNEG, pourquoi ne pas se regrouper pour former une force de frappe
associative de prévention et de lutte contre le SIDA ? » Alex : Déjà nous avons une
mission spécifique sur l’assistance juridique. De plus d’autres associations
comme Aides ont un champ d’intervention envers les gays mais aussi les
heteros et les toxicomanes. Le SNEG a été crée pour les homos. C’est notre
spécificité. De plus, le SNEG n’a aucune revendication politique. Notre but
principal est la prévention contre le VIH et les IST, et la défense des
droits des commerces gays. Fred : « Le
SNEG est adhérent au MEDEF ? » Alex : Non, pas du tout.
Fred : « Vous
entretenez des relations avec d’autres organisations patronales ou
syndicales ? » Alex : Oui avec la CSCA
(Chambre syndicale des cabarets artistiques) pour ce qui concerne les
réductions de droit à la SACEM pour les établissements. A titre d’exemple, un
adhérent au SNEG a droit à un abattement de 30% sur ces droits à la SACEM. Fred : « Financièrement,
comment cela se passe avec les établissements adhérents ? » Alex : Il y a une
cotisation annuelle versée par les établissements adhérents. Il y a plusieurs
types de cotisations annuelles. Cela commence à 60 euros notamment pour les
établissements n’ayant pas de licence IV (vente alcool). C’est le cas souvent
de patrons gay n’ayant pas de rapport avec le milieu gay mais qui souhaite
soutenir les actions du SNEG, un boulanger ou un antiquaire par exemple.
Après les cotisations dépendent aussi du soutien juridique. Les cotisations
vont de 135, 270 voir 900 euros. Aujourd’hui, la moyenne est de 270 euros
environ par an. Fred : « Comment
est structuré le SNEG ? » Alex : Dans le cadre de la mission
de prévention, Il y a 11 délégués régionaux, 1 délégué national, 2 personnes
chargées de la communication. Ces 14 personnes sont salariées. A côté de ça,
il y a en tant qu’association, un conseil d’administration composé de 14
administrateurs et un président élus par les adhérents. Fred : « Vous
aidez à l’ouverture d’entreprises gays ? » Alex : Oui, nous avons des
spécialistes, juriste sur la constitution d’entreprises. Fred :
« Une dernière chose ? » Alex : Oui, cette année, le
SNEG fête ses 15 ans d’existence au service de la lutte contre le VIH, la
défense des droits des homos et du commerce gay, c’est pas mal je
trouve ! |
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