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# le 1er portail gay
et lesbien de Normandie - |
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REPORTAGES
Sur la vie gay en
Normandie
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La question qui
existe toujours ! Par Fred
17 avril 2006 |
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Il ne s’agit pas d’événements d’un « autre âge », il
ne s’agit pas de dire « c’est du passé, c’est loin ». Il
s’agit d’homophobie d’hier et d’aujourd’hui. Après la guerre, la très grande
majorité des déportés homosexuels a disparu dans l'anonymat. L'absence de
reconnaissance officielle de cette déportation spécifique, l'absence jusque
dans les années soixante-dix d'un militantisme homosexuel constitué, le silence
des intellectuels et le peu d'intérêt des chercheurs et des historiens pour
"une question qui n'existe pas" ont longtemps occulté une réalité
qui s'est peu à peu estompée dans la mémoire collective. Dans les camps nazis, les déportés homosexuels
doivent porter un triangle rose, pointe tournée vers le bas, qui les
identifie comme tels. La hiérarchie concentrationnaire les place au plus bas
de l'échelle sociale des camps, ce qui ne leur permet guère d'entretenir des
relations d'entraide avec les autres déportés et d'améliorer ainsi leurs
chances de survie. Qu’importe le chiffre, qu’il y ait eu 2000 déportés homos, 200 ou même
un seul. La question doit être posée. Notre génération lisant ses quelques lignes doit se sentir concernée. Le simple fait de dire que la déportation homosexuelle n’a pas existé
est un acte homophobe. Le fichage des homos par la police française avait déjà commencé avant
la seconde guerre mondiale. Pendant l’occupation, le gouvernement de Pétain a
transmis volontairement ce fichier. Arrestations après arrestations, les
homosexuel(le)s ont été déportés. Le gouvernement de Vichy a promulgué une
loi interdisant tout rapport sexuel entre deux personnes de même sexe sous
peine d’emprisonnement. A la libération, le Général de De Gaulle a confirmé cette loi. En
1960, ce même gouvernement a renforcé les dispositions contre les rapports
homosexuels. Il a fallu attendre 1981 avec l’arrivée de la Gauche au pouvoir
pour abolir ce délit d’homosexualité. Les insultes et agressions homophobes ne sont pas anodins, l’histoire
est liée. Renier ce qui s’est passé entre 1939 et 1945 c’est avaliser la
législation contre les actes homosexuels, c’est rendre légitime l’homophobie. Reconnaître la déportation homosexuelle est un acte citoyen contre
l’homophobie. A Rouen comme dans d’autres villes, la communauté homosexuelle est
humiliée par de nombreux élus et associations de déportés, piétinant les
fleurs et arrachant les rubans de la commémoration. Ce n’est pas un combat d’arrière garde. Il est vrai que la déportation
homosexuelle s’est passé il y a plus de 60 ans, mais les démons n’ont pas
disparu : Sébastien Nouchet dans le Nord de la France a été immolé par
le feu, plus au Sud, un jeune homosexuel a été noyé dans un lac près d’une
aire de drague. A Rouen, il y a quelques années, un homme a été jeté dans la
Seine. Agression après agression, l’homophobie et la haine n’ont pas changé. Se battre pour la reconnaissance de la déportation homosexuelle c’est
se battre pour ces hommes et femmes victimes d’homophobie. C’est bien connu,
si on n’a pas de passé, on n’a pas d’avenir. Se battre pour la reconnaissance de la déportation homosexuelle c’est
se battre pour l’avenir, contre l’homophobie d’aujourd’hui et de demain. Je vous invite tous Amis,
Famille, Grand Parents, Enfants, à vous joindre aux cérémonies commémoratives
du souvenir de la Déportation le Dimanche 30 avril 2006 dans vos villes. Je ne connais pas toutes les dates, mais sachez qu’à Rouen, elle aura
lieu au monument rue du Donjon (haut de la rue Jeanne d’Arc) à 11h précises.
Beaucoup d’entre nous seront présents. Soyez des nôtres ! Reconnaissons
la déportation homosexuelle. Oui elle a existé ! Merci. Fred
Aujourd’hui… toujours |
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