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dossier spécial

LEGISLATIVES 2007

en Normandie

 

 

 

INTERVIEW DE THOMAS MARCY

UDF / Mouvement Démocrate – 3ième Circonscription :

Pt Quevilly, Sotteville, St Etienne Rouvray

CANDIDAT AUX ELECTIONS LEGISLATIVES

 

 

 

Gaynormandie : Comment avez-vous vécu l’élection du 6 mai dernier ?

Thomas Marcy : Comme la victoire malheureusement assez prévisible d’un candidat idéologiquement assez sûr de lui (quand on est intellectuellement assez fruste et populiste c’est évidemment plus facile) et consacré candidat naturel depuis longtemps, face à un leader centriste qui n’avait pas encore tout à fait accompli la mue de son parti et une candidate PS qui peinait à l’initier.

 

 

Quels enseignements tirez-vous de cette élection ?

Que les tendances socialement conservatrices du pays sont bien avérées et s’accroissent.     Ce qui rend d’autant plus urgent que tombent les murs idéologiques au centre et à gauche pour que se constitue en face une alternative progressiste crédible.

 

 

En tant qu’homme quelle est votre approche personnelle de l’homosexualité ? A quel âge et dans quelles circonstances avez-vous découvert son existence, et quelle a été votre réaction ?

J’en ai une approche résolument individualiste, qui cadre mal avec le caractère exclusif, englobant et figé du terme « homosexualité » qui, comme le dit justement l’écrivain Hernandez, sent trop fort l’hôpital de la fin du 19e siècle. Je pencherais plutôt pour l’approche de Foucault : l’homosexualité est un concept très grossier qui recouvre en fait bien des modes d’expérience du corps, des plaisirs et des relations aux autres.

En fait, je n’ai jamais été choqué ou particulièrement affecté par ce genre de pratique, dont j’ai eu une vague représentation fort jeune.

 

Quelles sont vos propositions sur l’union homosexuelle ? (mariage, pacs, union civile ?)

 Je suis favorable à une Union civile qui permette une véritable vie de famille aux couples homosexuels, y compris par l’adoption plénière. Un éventail de diverses possibilités juridiques graduées me semble une solution adaptée, qui répondrait aux besoins de chacun.

Bien qu’en faveur de la possibilité pour les couples homosexuels d’avoir donc la possibilité s’ils le veulent d’atteindre exactement le même degré de droits et de devoirs que les couples mariés, je suis par contre réticent à ce que l’on utilise à cette fin le MOT “mariage”. Car, pour satisfaire sans doute une infime partie des couples homosexuels qui tiendraient à cette appellation traditionnelle, on porterait atteinte au sentiment profond de nombreux couples hétérosexuels mariés pour qui le mariage a une signification forte en tant qu’union d’un homme et d’une femme afin de procréer dans le cadre de leur sexualité conjugale. Après tout, le mariage est une institution et il faut tenir compte aussi de l’avis des gens qui sont déjà entrés dans celle-ci et qui se sentiraient concernés par une modification ex-post de sa signification. Bref, je considère que les opérations médiatiques du type du “mariage de Bègle” accompli par N. Mamère sont des provocations inutiles qui braquent des gens initialement tolérant en cédant trop facilement au simple plaisir du coup de force symbolique pour le coup de force symbolique. Je ne crois pas que l’on fasse évoluer une société en usant ainsi de la violence.

 

Quelle est votre approche sur l’adoption homosexuelle et vos propositions ?

Cf. + haut 

 

La dernière législature a crée la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations – toutes les discriminations). Comment percevez-vous cette autorité ? Pensez-vous qu’il faudrait étendre ses pouvoirs ?

Comme toutes les Autorités administratives indépendantes (CNIL, Commission de déontologie de la Police dont les crédits ont été asséchés sous les pressions de Sarkozy…) son action implique des moyens rehaussés pour pouvoir effectuer un travail de terrain (testing, etc.). Elle ne doit cependant pas se substituer au rôle du juge protecteur des libertés et des droits.

 

 

La législation contre l’homophobie est-elle suffisante à vos yeux aujourd’hui ?

Ma position de principe est opposée à toute législation discriminatoire qui crée des catégories particulières de victimes (et parallèlement de crimes et délits selon la qualité des victimes), hors, bien sûr, pour les représentants de l’Etat, les mineurs ou les personnes en état de grande vulnérabilité.

La simple notion de dignité de la personne implique logiquement le respect pour ses orientations sexuelles (au même titre par exemple que pour ses opinions).

 

Insultes, rejets, agressions,… la lutte contre l’homophobie doit certainement s’axer sur l’éducation et notamment de nos plus jeunes. Pensez-vous qu’il serait nécessaire d’éduquer les plus jeunes à la tolérance sur les différences entre les individus et notamment sur les différences liées aux orientations sexuelles ?

Je le pense effectivement. Professeur de philosophie, j’ai eu la triste expérience du suicide d’un de mes élèves, homosexuel, la veille de ses 18 ans. Son homosexualité, qu’il revendiquait, n’était pas, je crois, la cause directe de son suicide ; mais peut-être son destin aurait-il été différent s’il avait pu vivre plus facilement son homosexualité dans une relation amoureuse normalement, publiquement vécue où il aurait trouvé un soutien chez une autre personne.

Dissiper les fantasmes que suscite l’homosexualité et amener les jeunes à prendre conscience du fait qu’il s’agit d’une spécificité comme les autres pour chaque individu me semblerait de salubrité publique (et pas que dans les “quartiers difficiles”).

 

 

Dans un peu plus de 80 pays dans le monde, l’homosexualité est toujours punie d’emprisonnement, de sévices corporels, de déportation voir de peine de mort, en tant que député que pourriez-vous faire pour influencer ces nations pour qu’elles modifient leur législation ?

Oui, certainement et très volontiers. Je suis prêt à m’y engager publiquement.

 

 

Lors de votre campagne avez-vous des contacts avec des associations gays et lesbiennes ?

Non, et je le regrette (cela est simplement dû au fait que je n’ai globalement pas eu encore le temps de vraiment prendre contact avec des associations : on sort de la présidentielle et je viens tout juste de boucler les préparatifs matériels de ma campagne).

 

 

Un dernier mot ?

Je pense que la cause homosexuelle gagnerait à renouer avec d’autres combats liés concernant divers types de personnes injustement accusées de “déviance” par rapport à une norme, comme ce fut le cas dans les années 1970.

Je vous remercie d’avoir pris l’initiative de me contacter. Je participerai volontiers à des réunions et des débats sur ce thème et suis quoiqu’il en soit disposé à rencontrer des responsables d’associations gay ou lesbiennes sur la zone du grand Rouen (et bien sûr notamment dans la 3e circonscription). Cordialement. Thomas MARCY

 

© Interview Fred (gaynormandie.com) / Thomas Marcy

 

 

 

 

 

 

 

Sont également candidats sur cette circonscription :

 

Pierre Bourguignon (PS), Catherine Tafforeau (UMP), Hubert Wulfranc (PCF), Gabriel Calippe (EXG), Daniel Dieudonné (LO), Martine Cavelier (FN), Jean-Pierre Girod (Verts), Alain Fleau (Fr.Act.), Christine Poupin (LCR), Josette Delaistre (MNR), Eric Bellet (AVCF),Hafidh Bensifi (EXG), Karin Leroux (PSLE)

 

 

 

 

 

 

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